Édito

Le chromatisme d’une ligne musicale, les couleurs d’un orchestre, des noires et des blanches disposées sur une partition… Lorsque nous décrivons la musique, art abstrait par excellence, nous empruntons régulièrement à la lumière son vocabulaire, pour rendre plus tangible à notre pensée une réalité sonore qui, en définitive, ne figure rien.

La lumière vole au secours de la musique et la musique le lui rend bien, elle qui depuis toujours cherche à l’évoquer : on ne compte plus les titres d’œuvres musicales avec les mots clair de lune, nocturnes, miroirs, images… Qu’on pense à Beethoven, Chopin ou Debussy pour ne citer qu’eux !

Pour sa seizième édition, Classique au large vous invite à cette rencontre entre la lumière et les sons, quand la musique se fait irisation (Camille Pépin), reflets (Lili Boulanger, Guy Ropartz…), miroirs (Arvo Pärt), quand les instruments et les voix peignent des levers de soleil (Carl Nielsen, Augusta Holmès, Charles Gounod…) ou des couchers (Claude Debussy, Paul Le Flem…), et, bien sûr, des scènes nocturnes, au clair de lune, qui le plus souvent abritent des amours désarmées (Gabriel Fauré, Jacques Offenbach, Arnold Schoenberg…).

Mais la lumière dans cette édition, c’est aussi la photographie avec ce regard croisé, proposé par le quintette Brocéliande, entre les œuvres de Jean Cras et les photographies d’Irène Jonas, ou la peinture avec le récital de la guitariste Gaëlle Solal composé d’œuvres inspirées par une gravure de Goya, ou même les contrastes des sentiments, entre ombre et lumière, des cantates italiennes chantées par la soprano Céline Scheen accompagnée par le Banquet céleste, et, bien entendu, les Feux d’artifice royaux de Haendel qui termineront ce week-end en apothéose.

Initiée l’année dernière, la nouvelle formule du festival se poursuit, et se développe même, avec des concerts immersifs, des ateliers, des conférences, des rencontres avec les artistes, une exposition de photo, une librairie, un disquaire, des produits locaux à emporter et un restaurant ouvert à toute heure avec vue sur la mer et sur les remparts de Saint-Malo. Venez passer une journée entière au Palais du Grand large et composez votre menu de musique, d’activités, de rencontres et d’échanges !

Pour finir, citons seulement une mélodie de Jean Cras, le marin et compositeur breton que nous aimons à programmer régulièrement à Classique au large et dont le regard a souvent été baigné par l’éclat de l’horizon : « Lumière ! ma lumière ! lumière emplissant le monde, lumière baiser des yeux, douceur du cœur, Ah ! lumière ! Danse au centre de ma vie ! »

Louis Castelain
Directeur de Classique au large

Programmation 2024

Vendredi 26 avril, 17h30

Dimitri Weissenberg

Iridescence

Vendredi 26 avril, 20h30

Orchestre de Saint-Malo

« Le soleil se lève avec un joyeux chant de louange »

Samedi 27 avril, 10h30

Duo Sul Fiato

Clairs de lune

Samedi 27 avril, 14h30

Quatuor Ardeo & Friends

La Nuit transfigurée

Samedi 27 avril, 16h

Le Concert impromptu

Transparence et scintillements

Samedi 27 avril, 17h30

Le Banquet céleste

Ombra e luce

Samedi 27 avril, 20h30

Concertos Brandebourgeois

Les Concertos Brandebourgeois

Dimanche 28 avril, 10h30

Duo Momentum

Miroirs

Dimanche 28 avril, 14h30

Quintette Brocéliande

La Lanterne magique

Dimanche 28 avril, 16h

Gaëlle Solal

Si le jour paraît…

Dimanche 28 avril, 17h30

Solistes de l’Opéra de Rennes

Les Astres chantants

Dimanche 28 avril, 20h30

Feux d’artifice royaux

Musique pour les Feux d’artifice royaux

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